J’ai donc revêtu mon plus agréable tee shirt Pokerstars.net en souvenir de mon succès aux Bahamas PCA 08, mais aussi pour faire honneur à Pokerstars.

En effet, empêché par mes responsabilités chez Hasbro inc qui me l’interdisait, j’ai attendu 30 ans pour venir en découdre à Vegas et en 2008 Pokerstars m’en a ouvert les portes : je m’y suis qualifié 3 fois pour le Main Event 2008, deux fois cette année, et entretemps pour la plupart des étapes de l’EPT et San Remo. Donc je trouve que mon Pokerstars.Net vaut bien le Full Tilt de Mr Allen Cunningham.

A ma table ce jour, 5 d’entre eux; 2 à ma gauche le bouillant Mark Seiff de Las Vegas, à ma droite Allen Cunningham... Je leur demande à chacun d’inscrire leur nom sur ma carte du jour avec leur N° de place j’apprécie que l’on fasse les présentations.

La partie commence, ces célébrités jouottent au premier level, plus prudents qu’ils ne le disent. Ce n’est vraiment qu’a 100/200 quand les ante apparaissent que leur appétit du « vol de pot » s’augmente mais ils ne se départissent pas de leur prudence.

Durant 2h je ne parviens pas à dépasser le stack de départ de 15 000 avec des mains que je n’ai pas encore vue à Vegas... à pleurer de chagrin ! AA au gros blind et il m’offrent un walk, KK je gagne les blinds, QQ personne n’en veut ... ? J’ai gagné 45 jetons avec les bombes.

Deux mauvais coup down à 8000... Entretemps, Mr Cunningham en position a pris bon appétit de mon blind. Je le re-raise 2 fois avec any 2 card, à la seconde il me demande un peu plus agressivement la hauteur de mon tapis mais fold prudemment, bon cela encourage de voler les chips de stars; je remonte à 10 000 et au revoir, on change de table.

2h en quelques mots, je travaille full time avec de belles petites mains de départ et ma méthode Columbo est en forme; avec mon look de l’age de leurs pères, ces jeunes pros ne supportent pas toujours l’originalité de mes coups. Parfois ils en rient, me prennent pour le touriste du jour et parfois s’y brulent les doigts.

Je ne puis en effet les battre sur leurs terrains technique, ni la rapidité de leurs esprits mais j’ai l’occasion d’un super slow play « à l’envers à la Columbo » et le bouillant Mark seiff n’en croit pas ses yeux quand je lui assène un 6000 de faux arrachage à la rivière après avoir check call le flop et la turn « KQJ 2 6 », il n’y croit pas du haut de son AK et court à me payer ( call ) en souriant murmure un « non pas ça on ne la fait pas » et bondit de sa chaise en s’éclatant devant mon 9T*.

Ce genre de coup où, entre nous, ils viennent me payer des mains qu’ils ne paieraient à aucun d’entre eux, comme à San Remo où un excellent pro est venu en 3 continuing calls me payer son stack à deux fois l’average avec Ace High en hurlant non non je n’y croit pas que peut il avoir sur un board « 223 6 3 » rivière pour rassurer mon A3 et me propulser vers la 9em place finale.

Bon retour aux WSOP... 6h, je passe à 18 000 et de là deux heures de travail à 28 000 enfin au dessus de la moyenne !

Et puis Columbo se trahit le coup. Déplacé à une table de 5 jeunes pro agressifs, le genre « que croit il celui là » et ils m’attaquent de toutes parts, veulent m’apprendre UN PEU le poker. Me check-raise, me re-raise mes flops, etc. Me squeeze... enfin le tour de la technique classique .

Le coup du jour : « UTG j'ouvre 4BB tiens pourquoi si fort, je suis au SB, KJ* je le call et le met sur un set… Je pense moyen haut 77 à QQ j’y pense si je touchais J peut être le 4em. Et là, un flop quasi le rêve « KKT » directement je VEUX qu’il me mettent sur le dix. À la Columbo je ne vais pas checker ce flop mais attaquer direct, pour qu’il me croit défendant mes T. 1200 et aussi tôt pensé, il me re-raise 3500. Je sursaute UN PEU, tourne en rond me dit que je l’ai amorcé, je paie à l’agonie. I

l va devoir continuer à me chasser, il ne me voit pas sur le K, en effet il mise 5500 à la turn. Je l’attend à fond, je n’envisage pas de passer, ’est le scénario que j’ai prévu et je re-call slow un 3 insignifiant à la rivière et j’y vais d’un 6500 de value bet. Il hésite un instant, je crois qu’il va me payer avec sa petite paire et il me lance triomphant son AK ?! Ce 4e K dans sa main que je l’avoue je n’ai pas imaginé un seul instant.

Trahi par la sorcière ou trop preneur de risques dans mon piège, joué il fut le reconnaitre comme si j’avais les nuts ! Eblouis par les KK alors que je n’avais au fond qu’un bon flop et les fées n’y ont pas ajouté le J nuts qui m’aurait propulsé chip leader. Ou trop imprudent, ces mains perdantes qui me coutent TROP cher, mon stack en progrès est laminé. Il n’a pas osé all in pour le reste et me laisse 8000 en guise de consolation.

La sortie va suivre... impitoyable !

Pas de quartier : Au small blind, je re-raise 2400 préflop avec AQ. Un fou à ma droite call alors qu’il me reste 5000 derrière. Je ne fais pas all in pré flop prévoyant immédiatement la double chance du « stop&go ».

Flop 68j, Je « go » donc all in directement any 3 on the flop et notre voisin toujours aussi fou, call les 3 Over Card avec son 44 pour une cote de pot négative. Et non le turn, ni la rivière ne le punissent. Cet inconnu, jouant assez mal me sort de mon beau tournoi, même s’il fallait en sortir j’aurais préféré serrer la main du souriant Scotty, du volubile Daniel mais ils s’amusaient à la table à Côté... de Stevee444 ou du très fairplay Fossil Man.

Les victoires en Poker sont rares les sorties nous attendent le plus naturellement mais ce jour, j’ai un peu dur de quitter mon beau rêve, j’y croyais.