Bellagio : Première tentative
Par Pierre Neuville aka The Serial PokerStars Qualifier, mercredi 9 Juillet 2008 à 11:41 :: WPT 2008
En Poker, statistiquement, les satisfactions apparaissent dans 10% des cas et les 90% restant ne sont que désillusions. Il faut donc les rechercher avec obstination et persévérance!
I fallait maintenant oublier mes JJ contre AJ avec le board AA8J3 organisé par le "Phantom de l'Opera". Pour la petite histoire, nous étions allés voir la veille ce magnifique opéra au Vénitian et j'avais pris l'effigie du phantom comme nouveau couvre carte. Inutile de préciser que je l'ai remis à jamais au placard...
Le lendemain, Claudine m'emmena voir "Le Rêve" au Wynn. Un seul mot: "le plus merveilleux spectacle que nous ayons vu" toutes catégories confondues; hallucinant, fantastique, simplement grandiose. Le jeton du "rêve" recouvrera donc désormais mes cartes à toutes les tables de poker à venir. Mais je pense cependant que la malédiction du "Phantom" était toujours là malgré tout.
Je me suis donc dirigé vers l'autre lieu du "sommet mondial du Poker"; le World Poker Tour au Bellagio. Un tournoi qualificatif pour le main event du 11 juillet se déroule chaque jour à midi. Ici, c'est moins la foule qu'au WSOP, c'est beaucoup plus cher donc plus élitiste. On n'y croise véritablement que la crème du poker mondial. Il y a 220 participants, 18 premiers gagnants dans les prix.
Je joue 9 heures d'affilée jusqu'au break du souper. Des hauts et des bas mais bon... Au break, il y a eu 180 éliminés. Nous restons doncà 40; mon tapis est dans la moyenne.
Après le souper; de 22h à 01h du matin, ce sont 3 heures de lutte; je n'obtiens pas une carte favorable, je n'ai pas pu voir un flop... Ce fut une lutte jusqu'à l'épuisement pour survivre dans le tournoi tandis que les concurrents se font éliminer un par un. Je crois que j'ai joué mon meilleur poker "ever", avec une volonté farouche de ne pas me faire sortir, mais mon tapis a fondu en trois tours de blindes.
Trois heures plus tard, après 14h de poker, enfin je vois les As, AA en mains, under the gun, j'ouvre avec espoir et ils passent tous je ne récolte que les blinds.
Deux mains plus tard, en bonne position, mon second jeu JJ et le bouton me renvoit all in, obligé d'y aller et AK en face... j'ai 52% contre 48%, mais peut-être ces JJ vont ils m'offrir une revanche ? Non... l'As tombe !
Après 14h de lutte je saute à "la bulle" . "C'est atroce" pour reprendre les paroles de Davidi, venu m'encourager sur la fin. 14h, 90% ont été éliminés avant vous et vous sortez avec rien, rien ! Pas plus que le premier sorti... dur dur le poker.
Conclusion : les jeunes qui rêvent de l'argent facile doivent surtout savoir que c'est un sport cérébral qui demande de se forger un caractère de granit sous toutes ses facettes.







